Il paraît que le fait d'écrire est thérapeutique. Ça doit expliquer mon impressionnante capacité à survivre en milieu hostile depuis plus d'un an, c'est-à-dire chez mes parents.
En tous cas, ce mot tombe drôlement bien parce que justement, je n'ai jamais suivi de thérapie pour mon traumatisme à la grenade. Je m'explique :
A 17 ans, j'étais un lycéen moyen, ni plus ni moins benêt qu'un autre, ni plus ni moins boutonneux non plus. Jusqu'au jour où une grenade m'a explosée à la figure. Depuis je n'ai plus de bras et j'écris sur mon ordinateur grâce à une fléchette à ventouse collée sur mon front.
En tous cas, ce mot tombe drôlement bien parce que justement, je n'ai jamais suivi de thérapie pour mon traumatisme à la grenade. Je m'explique :
A 17 ans, j'étais un lycéen moyen, ni plus ni moins benêt qu'un autre, ni plus ni moins boutonneux non plus. Jusqu'au jour où une grenade m'a explosée à la figure. Depuis je n'ai plus de bras et j'écris sur mon ordinateur grâce à une fléchette à ventouse collée sur mon front.
Non, j'ai vraiment des blagues d'un goût déplorable. En fait j'ai toujours mes mains pleines de doigts parce que c'était une grenade d'entrainement, un truc qui explose en projetant du plâtre en poudre de partout. Un copain de ma sœur qui en avait récupéré une de l'Armée a jugé bon de la faire rouler jusqu'à mes pieds un jour qu'il faisait beau et que les oiseaux gazouillaient.
- Oh, ça alors, une grenade, où est-ce qu'il a déniché ça ? me dis-je en la ramassant.
Boum.
De ce jour, j'ai des oreilles qui sifflent et qui sont sensibles à certains sons agressifs. Comme au petit déjeuner lorsque mes tympans sont froids et que ma mère commence à parler sans s'arrêter, ça fait des vibrations tout à fait désagréables. Mais je ne lui fais pas remarquer car elle risquerait de mal le prendre.
Le bonheur dans tout ça, c'est que j'ai acquis un incroyable réflexe qui fait de moi un super-héros susceptible de vous sauver la vie. Imaginez-vous un instant avec une grenade dégoupillée qui roule à vos pieds : pas évident de savoir quoi faire.
Le bonheur dans tout ça, c'est que j'ai acquis un incroyable réflexe qui fait de moi un super-héros susceptible de vous sauver la vie. Imaginez-vous un instant avec une grenade dégoupillée qui roule à vos pieds : pas évident de savoir quoi faire.
- Euh, je shoote dedans, ou bien je me couche dessus, ou bien je m'éloigne sans faire de bruit ?
Eh oui, à froid, comme ça, vos pensées peuvent s'embrouiller et vous être fatales. Heureusement, je suis là. Fort de mon traumatisme, je me tiens prêt à hurler à tout instant "Grenade ! Tout le monde à terre !".
Et si j'ai le temps, je rajouterai même "Et bouchez-vous les oreilles !" au cas où certains auraient une mère qui aime bien parler le matin.
En plus, le lendemain, petit moment de gloire dans les journaux :
Et si j'ai le temps, je rajouterai même "Et bouchez-vous les oreilles !" au cas où certains auraient une mère qui aime bien parler le matin.
En plus, le lendemain, petit moment de gloire dans les journaux :
« Un homme sauve six personnes grâce à sa présence d'esprit ».
- Oh, vous savez, je n'ai fait que mon devoir de citoyen, m'entends-je dire devant les caméras.
Toutefois, il faut bien reconnaître qu'il n'y a pas de grenades dégoupillées qui roulent tous les jours sous mes yeux et qu'à force de vouloir vous sauver, je peux faire une erreur de jugement qui mettrait fin prématurément à ma carrière de super-héros.
« Un homme sème la panique au supermarché : six blessés dans l'affolement ».
- Je peux tout vous expliquer : c'est un avocat qui est tombé de l'étalage, m'entends-je dire devant le commissaire.
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